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Les réflexions gaullistes de la semaine du 5 au 11 avril 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Vendredi, 09 Avril 2021 08:52

Vendredi 9 avril 2021 :  

Alors, ENA ou pas ENA ? 

L'annonce de la suppression de l'École nationale d'administration par Emmanuel Macron, hier, a tout de la mauvaise réponse à un faux débat. 

Demain, comme avant-hier, la France aura toujours besoin d'une haute administration et de pouvoir la former. 

A telle enseigne que l'ENA sera remplacée par un nouvel établissement... "l'Institut du service public (ISP)" 

Aussi, à qui Emmanuel Macron veut faire croire que ce tour de passe-passe va mettre fin à la culture de l'entre-soi alors qu'il en est un pur produit ? 

La démagogie et les clichés populistes ne font pas une politique sérieuse et cohérente ! 

La suppression d'un symbole de l'élite française et son remplacement par une nouvelle école - prétendument plus ouverte à la diversité - ne satisfera que les adeptes du café du Commerce ou quelques Gilets jaunes. 

Mais elle ne résoudra rien aux problématiques de fond, qu'il s'agisse des rouages grippés de l'ascenseur social ; de l'architecture de l'administration centrale ou des pesanteurs de la bureaucratie, montrée du doigt dans la gestion calamiteuse de la crise sanitaire. 

D'autant que, contrairement aux idées reçues, l'ENA n'est pas responsable des plans de carrière des hauts-fonctionnaires car la gestion des carrières n'est pas un problème d'énarque mais d'organisation et de méthodes de fonctionnement de l'État... 

Telle que voulue par De Gaulle et Debré, l'ENA était l'assurance de disposer de « serviteurs recrutés et formés de manière à constituer un corps valable et homogène dans tout l’ensemble de la fonction publique » (CDG, Mémoires de guerre - Le Salut, 1944-1946), sans népotisme. 

Alors, d'aucuns diront que cette mission originelle a été dévoyée et que cette institution, élitiste et technocrate, est trop éloignée du terrain. 

Mais supprimer l’ENA, alors qu'elle s'est profondément transformée après de nombreuses réformes, tant dans le recrutement (les nouvelles promotions sont très diversifiées) que dans la formation, est une erreur grave. 

Il n'y a là aucune volonté de défendre un corps dont je serais issu puisque ce n'est pas le cas. Mais il y a mieux à faire que se lancer dans ces grandes manœuvres préélectorales destinées à s'exonérer de ses propres responsabilités dans les échecs successifs du quinquennat. 

Car, personne n'est dupe sur le timing de cette annonce qui est tout sauf improvisée. Le gouvernement a jusqu'au 7 juin pour déposer une ordonnance qu'il n'aura pas besoin de faire ratifier par le Parlement ; le but est donc bien que cette réforme s'applique avant la fin du mandat pour pouvoir capitaliser dessus. 

Cela donne le la de la campagne du petit père du peuple - pardon président - sortant dont l'exercice du pouvoir aura été le plus solitaire de toute la Vème République !

Mis à jour ( Vendredi, 09 Avril 2021 08:59 )
 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 29 mars au 4 avril 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Jeudi, 01 Avril 2021 08:57

Jeudi 1er avril 2021 :  

 

"Prison d'avril

Tout est résumé dans ce titre de l'éditorial de Léo Purguette pour "La Marseillaise" ce matin. 

On savait que le confinement version 2021, qui avait été décidé le 18 mars dernier pour 16 départements (lire réflexions gaullistes CC, 19/03), pouvait être élargi en cas de besoin... 

Si seulement 3 départements supplémentaires avaient été rajoutés la semaine dernière, c'est désormais l'ensemble de l'hexagone qui est concerné à compter de samedi jusqu'au 2 mai prochain, avec la fermeture de toutes les écoles pendant 3 semaines (1 semaine de cours à distance pour tous les élèves et 2 semaines de vacances pour toutes les zones avant une reprise progressive) et peu importe si les parents sont placés devant le fait accompli... 

Les déplacements seront donc de facto partout réduits à une distance de 10 kms pour les sorties quotidiennes et les déplacements entre toutes les régions seront limités aux motifs impérieux. 

Quant aux commerces non-essentiels, ils fermeront sur tout le territoire dès samedi soir... 

Décidemment, face au virus, la macronie est piégée dans un "jour sans fin" ! 

En effet, même si Emmanuel Macron ne veut pas entendre parler de confinement, il faut bien appeler un chat un chat. Les mesures territorialisées ont vécu ; les écoles sont fermées et le recours au télétravail sera "systématique". Nous y sommes donc. Et l'autosatisfaction habituelle sur les choix effectués depuis janvier n'y changera rien. 

Nous ne pouvons que constater l'inéluctable : nous n'avons pas appris de nos erreurs ! 

En être encore à faire miroiter 10 000 lits en réanimation ? Mais où sont ceux promis par le Ségur de la santé en juillet dernier ? Et pourquoi a-t-il fallu attendre le 30 mars 2021 pour annoncer la mobilisation du Service de santé des armées et la Réserve sanitaire en soutien aux personnels soignants ? 

Mentir aux Français pendant un an au sujet de leur bien le plus précieux, à savoir leur santé, dans une situation épidémique qui plus est, relève d'une ignominie sans nom ! 

Quand on confine le pays, il faut un cap. Quel est-il ? 

Certainement pas la carotte de la mi-mai, nouvel eldorado pour retrouver un semblant de vie normale, après avoir fixé le rendez-vous de la mi-avril il y a un mois à peine... 

Alors, serait-ce l'objectif - louable - que tous les Français de plus de 18 ans puissent être vaccinés à la fin de l'été ? mais comment croire à ces promesses quand on sait que le processus a été faussé dès le départ et que des doutes existent toujours sur l'efficacité de la protection vaccinale dans le temps ? 

Aujourd'hui, les Français sont las de ces discours présidentiels qui sonnent creux. 

Car, à part nous confirmer ses problèmes récurrents avec l'éclairage - qu'il voit constamment au bout du tunnel - Emmanuel Macron ne sait que rabâcher les mêmes slogans. Quel aveu d'impuissance ! 

Or, avant de réclamer des efforts (aux soignants en premier lieu, ce qui ne manque pas de sel !), encore faudrait-il être capable de faire preuve d'autocritique, à l'image de Merkel il y a 8 jours, et de cesser d'être spectateur de ses échecs. 

En l'absence, il ne faut pas s'étonner que ces nouvelles annonces tombent à plat et que le président de la République rencontre plus de critiques que d'adhésions à sa méthode.

Mis à jour ( Jeudi, 01 Avril 2021 17:23 )
 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 22 au 28 mars 2021 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Lundi, 29 Mars 2021 14:22

Samedi 27 mars 2021 :  

L'école est au bord de la crise de nerfs ! 

Souvenez-vous de la première intervention d'Emmanuel Macron, le jeudi 12 mars 2020, par laquelle il annonçait la fermeture de toutes les écoles... 

Tout a commencé par-là. 

Aujourd'hui, après un confinement strict - synonyme de décrochage pour beaucoup - qui a convaincu les pouvoirs publics de laisser les écoles ouvertes "coûte que coûte" et l'instauration d'un protocole sanitaire, sans cesse complexifié (lire réflexions gaullistes CC, 16/06/20 et 02/09/20), tout est remis en question. 

Le virus n'épargne personne et les salles de classe, où s'opère un brassage, ne font pas exception. Ainsi, le nombre d'élèves contaminés est passé en une semaine de 15 000 à plus de 21 000, tandis que 2 500 cas étaient recensés parmi le personnel contre 1 800 la semaine précédente. 

Cela ne serait pas grave si la santé des enfants, de leurs familles et des enseignants n'était en jeu ! 

Or, ces derniers, qui sont en première ligne, disposent-ils des moyens de l'ambition de Jean-Michel Blanquer ? absolument pas ! 

Les tiers-lieux éducatifs afin d'optimiser l'espace pour apprendre autrement et, par là même, respecter la distanciation physique ? introuvables ! 

Les remplaçants pour pallier aux enseignants malades ou cas contacts ? ils se font toujours attendre et le recours aux contractuels ou aux assistants d'éducation (AED) ne relève que du pur bricolage. 

En janvier, le ministre de l'Éducation nationale souhaitait que les professeurs puissent être vaccinés en priorité dès le mois de mars. Promesse non tenue également. 

Et la liste est longue comme ça... 

En tout cas, dès ce lundi, la fermeture de chaque classe au premier cas de contamination au lieu de trois jusqu'à présent, dans les 19 départements français actuellement soumis au nouveau confinement, viendra sanctionner l'inconséquence - pour ne pas dire l'inconscience - du ministère de l'Éducation Nationale.

Pas de vacances avancées ; de demi-jauges systématique au collège ou de nouvelles mesures dans les cantines, mais un nouveau protocole qui revient donc bien à fermer les écoles sans le dire... 

Tout étant une question de communication au sommet de l'État, il ne faut surtout pas donner l'impression de se dédire : le mot fermeture, tout comme celui de confinement, est banni et ne doit pas être prononcé ! 

Le gouvernement cherche à gagner du temps, dans ce domaine comme dans d'autres. Mais se souvient-il que, malgré ses cloisons étanches, le Titanic a quand même coulé au final ?

Mis à jour ( Lundi, 29 Mars 2021 14:24 )
 

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