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Les réflexions gaullistes de la semaine du 9 au 15 décembre 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Jeudi 12 décembre 2019 : 

 

 

Sans surprise, la philosophie générale de la réforme des retraites dévoilée dans le rapport Delevoye (lire billet UPF, 19/7n'a pas été modifiée hier par les annonces d'Édouard Philippe : place donc au régime universel avec la fin des régimes spéciaux et l'instauration d'un âge pivot.

Mais de clarifications, il n'en a rien été. 

Les modalités de mise en œuvre de cette réforme et notamment le mélange des genres entre réformes structurelles et réformes paramétriques ont fait l'unanimité des centrales syndicales contre elles :

- Âge d'équilibre qui repousse de facto l'âge légal de la retraite à 64 ans avec un bonus-malus pour partir à taux plein ;

- Une retraite minimum (1.000 euros nets par mois) qui ne serait garantie qu'à ceux qui partiraient au-delà de l'âge d'équilibre ;

- Cohabitation de plusieurs systèmes et manque de lisibilité sur les générations concernées et/ou épargnées entre 1975 ; 1980 et 1985 ;

- Absence de prise en compte de la pénibilité et ce, quels que soient les statuts.

En privilégiant la fermeté et en essayant de passer en force sur le volet financier de la réforme, le gouvernement a choisi de se saborder. Si la porte du Premier ministre reste ouverte, il ne s'agit plus que de négocier sur des questions périphériques. Résultat, même ceux qui sont favorables à un régime universel par points s'estiment floués et c'est un front syndical uni qui devrait se présenter le 17 décembre pour la première fois depuis 2010.

Ainsi, au lieu d'apaiser, le discours d'Édouard Philippe n'aura fait qu'exacerber les tensions. Et le pays risque bien de se diriger vers un blocage total pour de nombreuses semaines.

Pour la deuxième fois en moins de trois ans, ce gouvernement réussit le tour de force d'agréger tout le corps social contre lui, alors même qu'il était possible de faire une réforme des retraites qui aille dans le sens de la justice sociale.

Son incapacité à proposer une vision partagée du devenir de la société française face aux défis du 21e siècle est dramatique pour notre pays. 

Jamais la France n'aura été aussi fracturée qu'aujourd'hui. Nous sommes dans l'impasse et nous ne sommes pas près d'en sortir !

 

Mercredi 11 décembre 2019 : 

Ils étaient moins nombreux (environ deux fois moins) que la semaine dernière mais ils étaient tout aussi déterminés et le mouvement semble s’installer dans la durée, n’en déplaise à Emmanuel Macron qui ironise et assure ne pas sentir « une grande inquiétude » dans le pays à propos de la réforme des retraites…

Les grévistes ont entendu maintenir la pression sur le gouvernement à la veille des annonces d’Édouard Philippe - que nous détaillerons ici-même demain- sur ladite réforme.

Elles ne seront pas magiques et ne feront pas cesser les manifestations, de l’aveu même du Premier ministre : il entendrait préparer les esprits qu’il ne s’y prendrait pas autrement !

On sait déjà que l’architecture de la réforme est calée depuis fort longtemps et que son discours devant le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) ne consistera qu’en réinjecter un peu de souplesse et des périodes de transition.

Matignon prétend même qu’il s’agira d’un discours… d’inspiration mendésiste et pompidolien ! ça promet… un vrai « gloubi-boulga », tant ils sont à l’opposé l’un de l’autre (l’un était progressiste et keynésien tandis que l’autre était conservateur et libéral) !

Si le futur système de retraites est à l’image de ce savant mélange des genres, le pire est à craindre.

 

Lundi 9 décembre 2019 : 

Après la forte mobilisation nationale contre la réforme des retraites, jeudi dernier, cette semaine s’annonce décisive pour les syndicats et le gouvernement.

Mais la question se pose-t-elle vraiment en ces termes ? résumer le problème des retraites à un bras de fer entre des syndicats jouant leur va-tout et un gouvernement aveugle et sourd, revient à déplacer la focale sur des considérations secondaires qui nous éloignent des vrais enjeux.

Savoir qui cédera le premier relève des enfantillages de cour d’école !

Par contre, trouver l'étroit chemin de crête qui permettra de concilier la réforme avec l’exigence constitutionnelle énoncée par le Préambule de la Constitution de 1946 qui implique la mise en œuvre d’une politique de solidarité nationale en faveur des travailleurs retraités, serait autrement plus intéressant…

Car, ne nous y trompons pas, ce qui se joue, c’est un modèle de société et la permanence de ces principes, fruits d’une histoire qui est la nôtre et qui fixent les fondements de notre contrat social.

Aujourd’hui, sans remise à plat en profondeur de cette réforme, il sera impossible de trouver un point d’équilibre (sans mauvais jeu de mot).

Et, manifestement, les gaullistes ne sont pas les seuls à l’exiger puisque les économistes qui ont inspiré à Emmanuel Macron la réforme des retraites dénoncent, dans une tribune publiée dans Le Monde ce lundi, son « manque de clarté » !

Or, le gouvernement aura bien du mal à réaliser en deux jours ce qu’il a été incapable en deux ans !

 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 2 au 8 décembre 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Vendredi 6 décembre 2019 : 

Plus de 800 000 personnes ont manifesté hier contre la réforme des retraites à travers tout le pays.

La grève a été particulièrement suivie à la SNCF, à la RATP et dans l’éducation nationale mais les Français avaient anticipé depuis longtemps cette journée du 5 décembre et les perturbations ont été très limitées.

C'est un succès incontestable pour les syndicats qui jouaient gros et un réel avertissement pour le gouvernement.

La question qui se pose maintenant est de savoir ce que les syndicats vont faire de ce mouvement social et comment ils peuvent le faire durer. Car il ne suffit pas d'avoir réussi une journée de mobilisation prévue de longue date. Il faut qu'elle serve à quelque chose.

Le gouvernement cherche encore la sortie de crise et joue les équilibristes : Édouard Philippe a annoncé que "l'architecture générale" de la réforme sera dévoilée en milieu de semaine prochaine mais... celle-ci est déjà connue ! Et ce n'est pas là-dessus que l'exécutif lâchera du lest.

Alors, que faire pour désamorcer le conflit ? reprendre la concertation avec les syndicats est naturellement incontournable. Mais il faut crédibiliser la démarche et aller au-delà de ce passage presque obligé. 

Une telle réforme d'ampleur doit associer les citoyens. Seul un ajournement du projet de loi pour permettre un vrai travail de coécriture permettrait de sortir de la crise par le haut.

En 1996, lorsque le chantier de la professionnalisation des armées avait été lancé par Jacques Chirac, avec son corollaire de la suppression du service militaire, l'avis des jeunes générations - concernées au premier chef - avait été sollicité. J'avais moi-même fait partie de la commission interrogée au sein de mon lycée.

En l'espèce, sur un sujet aussi anxiogène que les retraites, le gouvernement s'est contenté de huit ateliers "dits participatifs" fin 2018 (sur inscription !).

Quand on lance une réforme majeure qui impacte directement les Français sur plusieurs générations, à l'image de la réforme des retraites, on ne peut pas se contenter d'un rapport au bout de 2 ans (dont les grandes lignes sont issues du projet présidentiel d'Emmanuel Macron) avant de promettre quelques ajustements pour la rendre acceptable.

Or, non seulement nos concitoyens devraient être personnellement et directement consultés au stade de l'élaboration du texte mais également au moment de son adoption... par référendum puisque cela fait partie de la politique sociale de la Nation !

Sans cela, gageons que la pression sociale ira en s'accentuant. Car, après 2016 et la mobilisation contre la loi Travail, puis le mouvement des "gilets jaunes" en 2018, l'exaspération des Français est à son paroxysme en cette fin d'année 2019.

 

Jeudi 5 décembre 2019 :

Le Parisien - Aujourd'hui en France a écrit:
Grève contre la réforme des retraites : 10 questions sur un conflit qui risque de durer

Marc Lomazzi et la rédaction du Parisien
Article paru dans l'édition du 05.12.19

 

Le bras de fer commence aujourd’hui.

Le jeudi noir tant attendu (ou redouté, selon sa propre philosophie) est arrivé.

Si le gouvernement se dit déterminé à mener à son terme la réforme des retraites, la mobilisation (et ses suites) pourrait bien avoir raison de ces éléments de langage, d’autant que c’est la semaine prochaine qu’Édouard Philippe devrait détailler le contenu de cette réforme, histoire de donner l’illusion d’avoir écouté les revendications.

Avec près de 250 rassemblements et manifestations et les blocages attendus (lire réflexions gaullistes CC, 4/12), le mouvement démarre vite et fort mais il s’agira de tenir la distance face à un pouvoir qui compte bien sur l’essoufflement et les fêtes de Noël pour faire taire cette contestation !

L’ampleur de la mobilisation est surtout le résultat de l’échec de l’exécutif.

En voulant gagner du temps avant les élections municipales, le gouvernement a entretenu le flou sur le contenu de sa réforme qui a cristallisé les inquiétudes et fédéré les mécontents.

Emmanuel Macron et sa majorité présidentielle ne pourront donc s’en prendre qu’à eux-mêmes si le pays est paralysé et laisse éclater sa colère…

 

Mercredi 4 décembre 2019 : 

La journée de grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites de demain s’annonce massive, à l’instar de la mobilisation de 1995.

De fortes perturbations sont à prévoir puisqu'au niveau national, 90% des trains et 20% des vols seront annulés, tandis que 11 lignes de métros (sur 16) seront fermées dans la capitale.

Naturellement, la question se pose de savoir si cela se limitera à la journée d’action du 5 décembre ou s’il faut s’attendre à un mouvement long, dans un contexte social tendu où les mécontentements se multiplient.

C'est en tout cas un véritable test pour le gouvernement qui ne recule devant aucune propagande (presse écrite ; radios ; télés) pour vendre son projet de réforme en insistant sur la fin des privilèges attachés aux régimes spéciaux.

Bien évidemment, la réalité est tout autre.

Il n'y a pas les nantis d'un côté et la grande majorité des Français de l'autre.

À aucun moment, le gouvernement n'a cherché à désamorcer ce mouvement social, préférant jouer l'opinion contre les grévistes.

Or, cette réforme, qui a été annoncée en juillet dernier (lire billet UPF, 19/7) - et dont l'économie n'a pas été modifiée depuis, malgré la valse-hésitation d’Emmanuel Macron sur l’âge-pivot durant l’été - aurait pu être intéressante si :

- le gouvernement s'était formellement engagé à corriger les imperfections du modèle suédois « à points », pris en référence par l'exécutif, qui a été générateur de grandes inégalités et de précarité - notamment pour ceux ayant subi des périodes de chômage ou des temps partiels (fussent-ils choisis) - et s'est retrouvé au bord du gouffre en 2017, tirant les pensions vers le bas et nécessitant qu'une nouvelle réforme repousse l’âge de départ de 61 à 64 ans !

-  elle n’apparaissait pas comme une opération destinée à mettre la main sur les réserves convoitées des régimes complémentaires pour pouvoir financer le régime universel qui prendra intégralement à sa charge les dettes des anciens régimes (fonction publique d’État, SNCF, RATP) ;

Dans ces conditions, le pilotage du futur régime est un point crucial, tout comme l’inscription dans le marbre de la « règle d’or », selon laquelle la valeur du point ne saurait être revue à la baisse. 

La réforme du système de retraite ne doit pas avoir pour conséquence de remettre en cause les dispositifs de solidarité existants et de niveler les droits par le bas. 

Sans des garanties claires destinées à préserver le caractère redistributif et solidaire de notre système par répartition, les gaullistes de l’Union du Peuple Français ne peuvent donc que s’opposer à toute réforme qui, à terme, se révélerait inégalitaire, et appellent leurs sympathisants à manifester demain 5 décembre.

 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 25 novembre au 1er décembre 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Samedi 30 novembre 2019 : 

Londres a encore été endeuillée hier à la suite d'une attaque au couteau qui a fait deux morts et trois blessés.

Des passants du London Bridge ont risqué leur propre vie pour désarmer l'assaillant alors qu'ils ne savaient pas à ce moment-là que la charge explosive qu'il portait était factice.

Sans leur courage, le bilan aurait pu être plus lourd.

Ils sont la preuve vivante que nous pouvons encore, dans la société profondément individualiste au sein de laquelle nous évoluons, prendre notre destin en main si nous sommes unis pour défendre nos valeurs.

Cette attaque rappelle évidemment celle de juin 2017 quand, après avoir foncé sur la foule massée sur le London Bridge, les terroristes s'étaient rendus à Borough Market poignardant au hasard dans la rue et les pubs (lire billet UPF, 4/6/17).

L'Angleterre, tout comme la France, reste une cible à abattre.

Combien sont-ils à être de vraies bombes à retardement en puissance dans nos sociétés occidentales ?

Quand ils ont déjà été arrêtés et condamnés - comme en l'espèce s'agissant de cet individu qui était connu des autorités, pour avoir été condamné en 2012 pour des infractions terroristes - il devient de la responsabilité des pouvoirs publics de les surveiller efficacement et de les empêcher de nuire à nouveau.

Aucun aménagement de peine ne devrait être accepté en cette matière et le suivi des terroristes déjà condamnés ne pas être un vain mot.

Les mesures classiques (type bracelet électronique) ne sont pas adaptées à ce domaine et doivent être renforcées, sous le contrôle du juge, pour que nous n'ayons pas à pleurer des morts inutiles.

 

Mercredi 27 novembre 2019 : 

Treize militaires français de l'opération Barkhane ont été tués lundi soir dans la collision entre deux hélicoptères lors d'une "opération de combat" contre des djihadistes au Mali.

Cet accident est la perte la plus lourde pour l’armée française sur un théâtre d’opérations depuis l’attentat contre l’immeuble du "Drakkar" à Beyrouth en 1983, qui avait fait 58 morts.

L’émotion de la Nation est considérable. Car, au-delà des familles et de leurs compagnons d’armes, c’est la France toute entière qui porte le deuil de ses fils tombés au combat.

L’heure n’est pas aux indécentes polémiques - n’en déplaise aux insoumis de Jean-Luc Mélenchon qui posent la question d'un retrait des troupes - ou à la remise en cause de notre politique au Sahel.

Les gaullistes avaient d’ailleurs soutenu l’intervention au Mali en 2013 (lire communiqué UPF, 12/01/13).

Non seulement nos militaires ne sont pas morts pour rien mais abandonner ces pays à leur sort représenterait un risque pour nos intérêts, et cela laisserait le champ libre aux groupes armés terroristes.

Pour autant, on ne peut que constater :

- la complexité géopolitique du territoire, comme le flou des objectifs de l’opération qui handicape ses perspectives d'avenir ;

- l’extension des zones touchées par le terrorisme malgré la présence militaire française ;

-  le sentiment antifrançais qui se développe au Mali comme au Burkina Faso ;

- l'inexpérience des armées de ces pays qui ne sont pas prêtes à remplacer l’armée française.

Aussi, si l'opération Barkhane est nécessaire, l'état-major français devra l'adapter, sans oublier que la seule solution viable dans la région est politique.

Elle passe notamment par le développement durable ; par la création d’infrastructures ; par la promotion de l’économie et par le développement humain pour lutter contre la pauvreté dans ces pays abonnés aux dernières places du classement des pays qui produisent le moins de richesses par habitant ou suivant l’indice de développement humain.

L'avenir de ces pays sera africain ou ne sera pas…

 

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