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Les réflexions gaullistes de la semaine du 30 septembre au 6 octobre 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Mardi 1er octobre 2019 : 

Hier, Jacques Chirac a reçu les ultimes hommages de la Nation tout au long d'une journée de deuil national millimétrée avec une impressionnante précision.

Après les adieux intimes, les honneurs militaires lui ont été rendus dans la cour des Invalides, puis le cortège funèbre a ensuite pris la direction de l’église Saint-Sulpice pour une cérémonie digne et sobre, avant son inhumation au cimetière du Montparnasse.

Mais à force de se contenter de commenter des futilités, comme les échanges entre l'ancien président Hollande et Carla Bruni, la presse en a trop vite oublié de se poser les bonnes questions. 

Inutile pourtant d'être un observateur averti des relations internationales pour ne pas relever des incongruités flagrantes qui, loin d’être anodines, sont au contraire très dérangeantes.

En effet, si Vladimir Poutine a tenu par sa présence à saluer l’ancienneté des relations franco-russes, à l’instar de Boris Elstine lors de l’hommage national à François Mitterrand en la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1996, on ne peut pas en dire autant des autres chefs d’État étrangers.

Pourquoi les États-Unis n'étaient représentés que par un ancien président (Bill Clinton) et son ambassadeur en France, alors que le président en personne (Nixon) s'était déplacé à Paris pour les funérailles du Général de Gaulle et de Georges Pompidou et le Vice-président Gore pour celles de Mitterrand ?

Pourquoi, alors que la force du lien d'amitié est constamment répété en boucle par les médias à longueur d'année, la chancelière allemande Angela Merkel n'était pas présente, à la différence de Willy Brandt pour De Gaulle et Pompidou ou d’Helmut Kohl pour Mitterrand ?

Pourquoi les anglais ont été représentés par le Prince Edward, 11e dans l'ordre de succession au trône britannique, alors que le Prince Charles était venu, lors des trois précédents enterrements, avec le Premier ministre en exercice ?

Pourquoi l'Espagne n'a daigné envoyer qu'un ancien président du gouvernement (Zapatero) alors que le roi Juan Carlos était présent en 1996 ?

Personne ne s'est demandé ce que ces absences signifiaient !

Un lien trop ténu et ancien avec Jacques Chirac ? certainement pas.

Un mépris de plus en plus visible envers la France, qui n'est plus aux yeux de tous ces pays qu'une puissance de second ordre ayant perdu le crédit qui était le sien il y a encore 20 ans ? cela est à craindre !

D'ailleurs, quand chacun se met à parler du temps de Chirac comme d’un temps révolu, difficile de ne pas voir poindre une sourde inquiétude : nous sommes entrés dans une époque où la place de la France dans le monde globalisé n'est plus assurée et où sa grandeur n'est plus qu'un lointain souvenir pour beaucoup.

Si ces funérailles ont été l'occasion - trop rare - de partager un moment d'unité nationale, elles n'ont été, au final, guère rassurantes sur la portée de la voix de la France dans le monde que le président Chirac avait su faire entendre en son temps.

 

Lundi 30 septembre 2019 :

Les Français ont dit adieu à Jacques Chirac en se rendant nombreux hier aux Invalides, où une longue file ininterrompue s'est formée depuis 14 heures jusqu'au petit matin.

Mais l'émotion était-elle feinte ou réelle ?

En effet, non seulement la couverture médiatique flirtant avec l'overdose modifie la perception des choses mais surtout il est permis de s'interroger quand on sait que le sport national a consisté, pour cette foule d’individus faussement éplorés, à faire un “selfie historique” devant la dépouille de l’ancien Chef de l’État...

Qui imaginerait un seul instant se prendre en photo devant le cercueil de son père ou sa mère ?

Pour cet homme de proximité qui aimait tant serrer des mains, cette manie n'aurait certainement mérité qu'un seul bon mot : abracadabrantesque !

En tout cas, l’indélicatesse de cet hommage est à l'image de notre société : de plus en plus narcissique et focalisée sur l’image.

Place maintenant à l'hommage national. Le seul qui s'impose pour un ancien chef de l'État.

 

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