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Les réflexions gaullistes de la semaine du 23 au 29 septembre 2019 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail

Dimanche 29 septembre 2019 : 

Marianne a écrit:
Jacques Chirac, le fossoyeur du gaullisme

Natacha Polony
Marianne.net, 26.09.19

 

Parce que l'hommage et le respect dû à l'un des grands acteurs de l'histoire de la Vème République ne doit pas occulter son parcours politique, il est particulièrement intéressant de lire Natacha Polony qui dresse un portrait sans concession de "Jacques Chirac, le fossoyeur du gaullisme".

Le recueillement et l'émotion des Français - qui confine pour beaucoup à la nostalgie réconfortante d'un passé fantasmé - ne sauraient interdire tout droit d'inventaire.

Au contraire ! Ne perdons pas de vue que l'absence de mémoire politique nous prive de toute vision et nous interdit de comprendre les grandes évolutions du pays.

Derrière l'homme chaleureux, charmeur et proche des gens, se cachait avant tout un homme politique, cynique à ses heures et en perpétuelle campagne, qui a habilement manœuvré pour cornaquer ses adversaires.

En récupérant à son profit les oripeaux gaullistes, il s'est inscrit dans une filiation qui finira par le conduire à l’Élysée, n'hésitant pas à en altérer le message au passage et à se conduire comme "le syndic de faillite de ceux qui avaient été incapables d'assumer l'héritage de Charles de Gaulle", pour reprendre les mots utilisés par Jean Charbonnel dans « Pour l’honneur du gaullisme. Contre-enquête sur un héritage » en 2011.

Il y a des impostures qui ne se pardonnent pas.

 

Samedi 28 septembre 2019 : 

Le jeune homme que j'étais en 1995 a soutenu Jacques Chirac et s'est félicité de son élection à la présidence de la République. Comme j'avais pu l'écrire il y a quelques années, autant par rejet du socialisme que par réflexe purement corrézien.

Avant de faire des choix et prendre des positions radicalement différentes en profonde opposition avec sa politique (discours du Vel d'Hiv ; quinquennat ; constitution européenne), j'ai donc moi aussi vibré pour le charisme et la spontanéité de ce grand fauve de la politique française.

Mais pour avoir partagé, pendant près de quinze ans, tous les combats des héritiers de Jean Charbonnel, je suis bien placé pour connaitre l'envers du décor et la face sombre de Jacques Chirac.

Le népotisme politique en Corrèze a été la règle pendant des années et l'émotion légitime face à la perte d'un grand homme qui a marqué notre territoire, ne doit pas pour autant rendre amnésique.

Gaullistes sociaux, nous n'étions pas chiraquiens et nous n'allons pas le devenir parce que Jacques Chirac est mort jeudi.

Il y a d'ailleurs une forme d'hypocrisie dérangeante chez tous ceux qui flattent la mémoire d'un homme qu'ils n'ont eu de cesse de combattre et d'affubler de tous les surnoms, comme ceux, peu flatteurs, de "cinq minutes, douche comprise" ou de "supermenteur"...

C'est pourquoi, autant il est digne et justifié que l'actuel président de la République ait fait installer des registres de condoléances à l'Élysée - dont les portes ont été ouvertes dès jeudi soir - annoncé sa présence au service solennel rendu à l'église Saint-Sulpice à Paris ou décrété une journée de deuil national lundi, autant l'exagération qui est de mise, notamment en Corrèze, est déplacée.

La cérémonie populaire aux Invalides, prévue demain, ou la séquence corrézienne du week-end prochain dépassent tout ce qui avait pu être traditionnellement rendu comme hommage à un ancien chef de l’État jusqu'à présent.

Nous n'y participerons pas et refusons de plonger dans un climat d'affliction collective où la nostalgie cherche à oblitérer l'Histoire.

 

Mardi 24 septembre 2019 : 

L’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules sera naturellement le point le plus discuté à partir de ce mardi à l’Assemblée Nationale dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

Le critère médical d’infertilité serait ainsi supprimé.

Les revendications de parenté provoquent en chacun de nous des questionnements qui relèvent de l'intime : tout le monde a-t-il le « droit » de procréer ? certains désirs d’enfant sont-ils plus – ou moins – légitimes que d’autres ? existe-t-il un droit à l'enfant ?

Répondre à ces questions revient à se positionner sur les évolutions de la société qui bousculent nos cadres habituels mais aussi sur le pouvoir de l'homme et ses limites.

Comme l'affirmait notre secrétaire générale en mars dernier (lire l'interview revisitée de M. Schiappa par C. Champrigaud, pour la Journée internationale de la femme du 8 mars 2019), le sujet est sensible mais s’il y a réellement désir d’enfant il y a amour d’enfant.

Les aspirations des lesbiennes et des femmes seules à avoir un enfant ne vont pas provoquer le cataclysme sur la filiation, l'humanité et la civilisation que certains promettent. Et chaque enfant mérite d'être accueilli sans distinction de conception.

Pour autant, au-delà de la légitimité du désir de maternité, était-ce bien nécessaire d’étendre la PMA à toutes les femmes, alors même que dans un arrêt du 28 septembre 2018, le Conseil d’État avait estimé que « le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que législateur règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général » et que l'adoption homoparentale leur est ouverte depuis 2013 (1966 pour les personnes seules) ? chacun se forgera son opinion.

La vraie difficulté, c'est que la recherche et le marché - pour des raisons différentes - cherchent à entrer dans le champ de la conception humaine. 

Et, à ce titre, il ne faudrait pas que la « PMA pour toutes » soit l'arbre qui cache la forêt.

Car, nonobstant le débat sur la place du père, il conviendrait de s'inquiéter davantage sur les buts de ce texte qui veut faciliter la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines... 

La France ne doit pas jouer au docteur Frankenstein ! Aujourd'hui, plus que jamais, nos lois bioéthiques et les principes qui les sous-tendent depuis 1994 doivent être préservés !

Au final, une seule ligne de conduite doit nous guider : fuir les postures et les imprécations. Les gaullistes peuvent être des lanceurs d’alerte, mais certainement pas d’anathèmes. Nous y veillerons.

 

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