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Les réflexions gaullistes de la semaine du 23 au 29 novembre 2020 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Mardi, 24 Novembre 2020 16:47

Samedi 28 octobre 2020 :  

Comment un banal contrôle pour non-port de masque, dans le quartier des Ternes à Paris samedi dernier, a pu devenir le symbole des violences policières, au point que le président de la République se permette d'intervenir hier soir sur son compte Facebook, avant même que les conclusions de l'enquête de l'IGPN ne soient rendues ? 

Les images captées par la vidéo-surveillance du producteur de musique passé à tabac ont été visionnées plus de 20 millions de fois. 

Elles montrent une intervention violente et manifestement non maîtrisée de la part de policiers de la BTC (Brigade Territoriale de Contact). 

Chacun se fera son propre avis mais, pour avoir choqué jusque dans les couloirs des commissariats, ces images ne laissent guère de place à l'interprétation ! 

Pour autant, et même si l'émotion est grande, il n'est pas du rôle des responsables politiques de porter des jugements hâtifs (au-delà de la légitime colère et émotion que chacun peut ressentir) qui piétinent la présomption d'innocence. 

Tout comme il n'y aurait rien de plus détestable - ce que certains ne se gênent pas de faire - que de récupérer ces images à des fins politiques au moment où l'exécutif est dans la tourmente à cause de l'article 24 de la loi "Sécurité globale" qui prévoit de pénaliser la diffusion "manifestement" malveillante d'images de policiers. 

Si l'on peut discuter de l'intérêt de cette loi et des potentielles atteintes à la liberté de la presse, on ne doit pas tout mélanger en affirmant, sans nuances, que l'image protégera toujours des forces de l'ordre par trop adeptes des bavures ou des réactions violentes et disproportionnées. 

Seul l'État de droit protège tout un chacun du règne de la loi du plus fort et reste le garant de nos droits et libertés les plus élémentaires. 

En l'occurrence, les policiers - déjà suspendus à titre conservatoire depuis jeudi - seront condamnés si les faits constituent bien une infraction ; tout comme le Conseil Constitutionnel sera saisi de la loi "Sécurité globale" et veillera à ce que les libertés publiques soient protégées. 

La défiance envers toute forme d'autorité est trop souvent entretenue par certains qui y ont intérêt. 

Évitons de tomber dans ce piège consistant à prendre des positions radicales ignorant tous les aspects des problèmes, surtout quand il s'agit de faire part de sa honte bien souvent à géométrie variable ! 

Car, au-delà du cas Michel Zecler et de la police, c'est bien la montée de la haine et des violences dans notre société au cours des derniers mois qui devrait nous interpeller.


Mercredi 25 novembre 2020 :  

 

Chassez le naturel, il revient au galop ! 

En effet, hier soir, la huitième intervention d'Emmanuel Macron depuis le début de la crise a été fortement imprégnée du fameux "en même temps" macronien. 

En fait d'assouplissements, il n'y aura que des aménagements au confinement qui reste en vigueur jusqu'au 15 décembre avec le système de l'attestation. 

A la loterie présidentielle, certains en sortent gagnants et d'autres perdants. 

Parmi les mieux lotis, figurent les petits commerces et les services qui vont pouvoir rouvrir dès samedi (jusqu'à 21h au plus tard) dans le cadre d'un protocole sanitaire strict. Face à l’incompréhension et au sentiment d’injustice, cela devenait presque une "exigence nationale"…

D'autres devront attendre au moins jusqu'au 20 janvier, à l'instar des restaurants et des lieux ouverts au public, telles que les salles de sport. Jusque-là, ils devront se contenter de nouvelles aides à hauteur de 20% de leur chiffre d'affaires mensuel de 2019, ce qui coûtera 1,6 milliard d'euros aux finances publiques... 

Enfin, le retour du couvre-feu de 21h à 7h du matin (avec exceptions pour Noël et le réveillon de la Saint-Sylvestre) est censé sauver les fêtes de fin d'année mais la dinde aura quand même un goût très particulier... 

Officiellement, Emmanuel Macron veut inventer "un nouvel avenir français". Mais covido-centré et confiné, nombreux sont ceux (parfois même au sein du gouvernement) qui savent que ce quinquennat est terminé. 

Et, au vu de la cacophonie dans la gestion de la crise depuis ce printemps, ce sera déjà bien si l'exécutif arrive à tenir la stratégie sanitaire et à réussir la campagne vaccinale : à ce titre, le fait que le président de la République ait annoncé que la vaccination "ne sera pas obligatoire" peut permettre de s'éviter le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2009. 

Les Français ne partagent plus guère les ordonnances que le docteur Macron leur délivre professoralement à la télévision. Mais quels que fussent les griefs légitimes qu'ils lui imputent et pour que l'espoir face au virus ne se transforme pas en illusion, il nous appartiendra aussi collectivement de ne pas tomber dans le même piège que cet été après le déconfinement. Car il n'y aurait rien de pire que de se précipiter dans les magasins pour se retrouver dans la cohue des achats de Noël... 

Il n'y aura pas de trêve de Noël pour le virus ; il ne peut donc y avoir de "relâchement" jugé coupable par certains. Pragmatisme et progressivité : c'est malheureusement peut-être à ce prix que nous éviterons un troisième reconfinement généralisé ! 

Un frileux retour à "l'anormal" somme toute...


Mardi 24 novembre 2020 :  

Un assouplissement plutôt qu'un déconfinement, à quelques semaines des fêtes de fin d'année. Telle est bien la tendance qui se profile depuis plusieurs jours... 

Nous saurons ce soir et il sera alors toujours temps de commenter les annonces du président Macron. 

Il est inutile, voire malsain de rentrer dans ce jeu voulu par le pouvoir lui-même qui est passé maître dans la technique de l'aguichage permanent. 

Avec ce président tout peut bouger jusqu'au dernier moment. On se gardera donc bien de faire des prédictions. 

Tirons plutôt un premier bilan de ce second confinement. A-t-il vraiment servi à quelque chose ? malgré les prévisions alarmistes de chiffres records (9 000 patients en réanimation annoncés par Emmanuel Macron), le pic du taux d'incidence (nombre de cas pour 100 000 habitants) a été atteint à peine trois jours après le début du confinement... cette donnée vérifiable ne manque pas d'interroger ! 

Il a aussi contribué à exacerber les tensions et les inégalités, ce dont le pays et l'économie se serait bien passé. 

Et l'impact des conséquences psychologiques de la triple crise sanitaire, économique et sociale est une véritable bombe à retardement. 

Les Français ne veulent plus être infantilisés. Ils ont appris à vivre avec les gestes barrières et les protocoles sanitaires. Plus que le confinement, ce sont bien ces causes extrinsèques qui ont permis de freiner la progression du coronavirus. 

Aussi, le chef de l'État est attendu au tournant. S'il se contente d'égrener quelques mesures déjà dévoilées, il ne fera que tomber à plat. Et sans perspectives sur la durée, c'est le pays entier qui plongera dans la morosité et l'indiscipline collective... terreau fertile du soulèvement populaire. 

Choisir les mots justes et se transcender, le défi est de taille. Le "quoi qu'il en coûte" a beau être de mise depuis le printemps à l'Élysée, c'est véritablement ce soir ou jamais !

Mis à jour ( Samedi, 28 Novembre 2020 23:30 )
 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 16 au 22 novembre 2020 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Mercredi, 18 Novembre 2020 11:52

Samedi 21 novembre 2020 : 

Le Parisien - Aujourd'hui en France a écrit:
Le Black Friday reporté au décembre si les commerces rouvrent d'ici là

Aurélie Lebelle
Article paru dans l'édition du 21.11.20

 

Le report du "Black Friday" au 4 décembre a été acté hier au ministère de l’Économie, sous réserve de la réouverture des commerces d'ici-là. 

Rien que le nom de cette vaste opération commerciale importée des États-Unis a de quoi horripiler jusqu'au dernier des défenseurs de la langue française... 

Au-delà de cet aspect, que d'aucuns peuvent trouver désuet mais auquel les gaullistes attachent une grande importance, il convient de s'interroger sur le phénomène en lui-même de ces promotions exceptionnelles du vendredi fou. 

Entre globish et hyperconsommation, toute cette frénésie asservit nos concitoyens sans aucun encadrement des réductions de prix ! 

Comme l'a affirmé Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, jeudi matin sur France Info : "le Black Friday ne garantit nullement des bonnes affaires, les prix sont farfelus. On instrumentalise les envies de consommation des consommateurs mais avec des promos bidon". 

Si, compte tenu du contexte bien particulier, ce n'est pas cette année que nous pourrons trancher le débat sur cette pratique commerciale, son report est une victoire en trompe-l’œil pour les petits commerçants. 

Non seulement cela ne résout pas la question de l'avenir du petit commerce - dont la survie économique est désormais engagée pour certains et qui va devoir supporter un nouveau protocole sanitaire encore plus strict pour rouvrir - mais cela permet aux acteurs de la grande distribution et du commerce en ligne de se refaire une virginité en faisant oublier toutes les accusations de concurrence déloyale pesant sur eux : un comble ! 

Quant à ceux qui n'ont même plus les possibilités financières de "participer à la fête", personne n'en parle... le monde d'après qu'ils disaient tous ? 

Finalement, le moyen le plus efficace et le plus responsable de gagner en pouvoir d’achat ne serait-il pas de consommer moins… mais mieux ?


Mercredi 18 novembre 2020 :  

Selon des sources gouvernementales, la réouverture des cafés, bars et restaurants ne serait pas prévue avant le 15 janvier prochain, bien après la réouverture des petits commerces. 

Se basant sur une étude sujette à caution de l'université de Stanford sur les lieux de contamination - publiée dans la revue "Nature" - Jean Castex, en voie de "cressonisation" et qui n'a de cesse d'affirmer en privé qu'il "préfère fermer des restaurants qu'ouvrir des morgues", est pourtant bien déterminé à appliquer sa politique du confinement jusqu'au bout. 

Cette annonce plombe encore un peu plus le moral d'un secteur en grand danger qui va probablement devoir faire une croix sur la période des fêtes et ne pourra donc même pas sauver les meubles. 

L'addition est de plus en plus salée ! 

Surtout, l'exaspération est en passe de l'emporter sur la peur. 

Chez certains professionnels au bord de la faillite, l'usure psychique et le ressentiment se font sentir. 

Car, même si les restaurateurs ont, pour la plupart, adapté leur offre en proposant les ventes à emporter, ces recettes - qui anticipent sur le restaurant de demain et sont appelées à s'inscrire dans la durée - ne pourront suffire pour maintenir leur chiffre d'affaires. 

De toute façon, d'une manière générale, on est très loin du premier confinement et de la ferveur collective autour des soignants. 

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron doit prendre la parole la semaine prochaine pour envisager les étapes d’un déconfinement progressif... 

Autant dire qu'il aura fort à faire pour calmer un pays au bord de la crise de nerfs, surtout quand l'on sait combien ses sept précédentes interventions - depuis le début de l'épidémie - ont rarement suscité l'union nationale.

Deux ans après le début du mouvement des "gilets jaunes", jamais la fronde sociale n'a paru aussi prête à exploser. 

Plus dangereux, les actes de désobéissance de certains maires, au début du second confinement, ont également participé à attiser le feu de la discorde et à saper la confiance des citoyens dans nos institutions (lire réflexions gaullistes CC, 02/11). 

Sous le couvercle du confinement, il y a fort à parier que la colère se transformera en révolte. A défaut d'être légitime, elle ne sera guère surprenante !

Mis à jour ( Samedi, 21 Novembre 2020 16:10 )
 
Les réflexions gaullistes de la semaine du 9 au 15 novembre 2020 par Christophe CHASTANET PDF Imprimer E-mail
Écrit par Christophe   
Mercredi, 11 Novembre 2020 10:50

Vendredi 13 novembre 2020 :   

 

La révolution du statu quo : une doctrine qui sied à merveille à nos gouvernants ! 

Vous en connaissez beaucoup des pays où un chef de gouvernement tient une conférence de presse après un Conseil de défense, pour... ne rien annoncer ?

Il y a quand même quelque chose d'assez fascinant à écouter un responsable politique parler pour ne rien dire. C'est tout un art !

Si ces propos sont mâtinés d'ironie, ils ne sauraient pour autant masquer une conviction profonde sur la vacuité de notre système politique. 

Mais revenons-en au Père Noël qui attendait fébrilement l'intervention de Jean Castex d'hier au ministère de la Santé pour savoir s'il pourrait se déplacer en France sans attestation... 

En l'état, le Premier ministre a exclu tout assouplissement du confinement jusqu'au 1er décembre, en dépit des demandes insistantes provenant notamment des petits commerçants. 

Beaucoup attendaient cette clause de revoyure au bout des 15 premiers jours du reconfinement. Ils en sont pour leurs frais. Ce système permet seulement au gouvernement de gagner du temps. 

Il est quand même permis de douter de cette stratégie qui va sacrifier de nombreuses entreprises parmi les TPE/PME alors qu'ils pourraient parfaitement fonctionner avec un protocole renforcé. La potion est dure à avaler ! 

Vivre sous cloche et dans l'incertitude n'est pas tenable sur du long terme. Les citoyens et les entrepreneurs ont besoin de se situer et de pouvoir planifier leur lendemain. 

Le gouvernement donne vraiment l'impression de subir cette crise sanitaire et de n'avoir pour seules réponses à apporter que des mesures restrictives au lieu de réfléchir à un nouvel équilibre. 

Plus les jours passent et plus on sacrifie l'avenir au présent. Et nous le paierons très cher !


Mercredi 11 novembre 2020 :  

Un vaccin contre le COVID-19 efficace à 90 % en moins d'un an ? 

Depuis lundi soir - alors même que les résultats préliminaires restent à confirmer et que l’on ignore son efficacité sur les personnes vulnérables ou sa durée de protection - l'agitation est à son comble et s'empare du monde après cette annonce du géant pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ! 

Un sujet chasse l'autre... 

Après les élections américaines, voici la nouvelle marotte de nos médias et... des spéculateurs : les bourses mondiales s'enflamment creusant un peu plus l'écart avec la réalité économique. Certains semblent donc déjà y trouver leur compte mais est-ce réellement surprenant ? 

Au risque de jouer les rabat-joies, on a assez taillé des croupières au vaccin russe Spoutnik V cet été pour ne pas prendre quelques précautions avant de s'emballer ! 

N'oublions pas aussi que la course au vaccin n'a rien d'altruiste. Derrière la façade de ceux qui se la jouent "sauveur de l'humanité" se cache des intérêts moins nobles. Car être le premier à découvrir le vaccin et pouvoir le commercialiser et c'est le jackpot assuré (sans attendre, le PDG de Pfizer a d'ailleurs vendu 5,6 millions de dollars d'actions de sa compagnie dès lundi)...

D'où la précipitation d'annoncer l'injonction miracle ! 

Aussi, avant de se poser la question d'une vaccination obligatoire - à l'instar de Yannick Jadot et alors que la Haute Autorité de santé est plutôt contre - interrogeons-nous plutôt sur les données d'efficacité et de sécurité d'un vaccin "à ARN messager (ARNm)" basé sur une technologie nouvelle qui n'a pas fait ses preuves contre d'autres virus jusqu'ici... mais qui a pour particularité intéressante de pouvoir être produit très facilement en très grande quantité ! Vous suivez la combine ? 

"Un jour j'irai vivre en Utopie, car en Utopie tout est possible"

Mis à jour ( Vendredi, 13 Novembre 2020 13:30 )
 

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